01/03/2006

Joëlle Aubron est morte

Joëlle Aubron est morte NOUVELOBS.COM | 01.03.06 | 16:45 Atteinte d'un cancer, elle avait 46 ans. Le décès est survenu moins de 2 ans après sa suspension de peine..............Joëlle Aubron, ex-membre d'Action directe (AD), est décédée mercredi après-midi 1er mars à Paris à l'âge de 46 ans, a annoncé Alain Pojolat, membre du comité de soutien aux militants d'AD emprisonnés.Joëlle Aubron, qui était atteinte d'un cancer aux poumons, était dans le coma depuis plusieurs jours, a précisé Alain Pojolat, ajoutant que ses parents se trouvaient à son chevet....Elle avait bénéficié d'une suspension de peine en juin 2004 après avoir été opérée d'une tumeur au cerveau. Son cancer principal, aux poumons, avait été détecté un an après sa libération.Elle était la seule des quatre membres historiques du mouvement terroriste en liberté..............Elle avait été condamnée en 1989 et 1994, comme les trois autres leaders Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Georges Cipriani, à la détention à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de 18 ans, notamment pour les assassinats du PDG de Renault Georges Besse et de l'ingénieur général René Audran.Seule des quatre membres du noyau dur du groupe terroriste Action directe (AD) à être issue d'une famille bourgeoise, Joëlle Aubron était originaire de Neuilly-sur-Seine, banlieue chic de l'Ouest parisien où elle est née le 26 juin 1959. La benjamine du groupe d'AD connaît une enfance sans histoire avant de rater son bac à 17 ans.Elle fréquente alors activement les "autonomes", vit dans divers squats et fait la une des journaux dès 1982, après la découverte d'un important stock d'armes dans un parking souterrain du XXe arrondissement de Paris.Détention d'armesJoëlle Aubron affirme alors aux policiers que si elle est bien locataire de ce box, elle en a donné les clefs à "des gens rencontrés lors de meetings". Cela lui vaut sa première condamnation, soit 4 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour détention d'armes. Après sa libération en janvier 1984, la jeune femme épouse Régis Schleicher, autre dirigeant "historique" d'AD, alors en détention. Elle anime ensuite une librairie anarchiste, puis passe à la clandestinité en 1985 au moment où AD se radicalise et s'allie avec le groupe terroriste allemand RAF.Certains la disent égarée dans Action Directe, mais elle est en tout cas très active. Courant 1985, ses empreintes sont relevées par les policiers belges dans des planques découvertes dans le cadre de l'enquête sur les Cellules communistes combattantes, mouvement terroriste belge.Lors de l'assassinat le 19 novembre 1986 de Georges Besse, c'est elle, selon les témoins, qui a achevé l'homme déjà à terre, celui qu'elle a appelé, lors de son procès, "un spoliateur de l'humanité".Le groupe est arrêtéDeux jours plus tard, la photo de Joëlle Aubron, alors très mince, cheveux blonds et visage aux traits fins, est placardée comme celle de sa complice Nathalie Ménigon, dans tous les lieux publics de France.Le 21 février 1987, tout s'arrête pour elle et ses compagnons: le groupe est arrêté dans une ferme du Loiret, à Vitry-aux-Loges.Joëlle Aubron, qui a alors 27 ans, est incarcérée à la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis (Essonne). A l'instar de ses compagnons, auxquels son sort reste lié, elle est soumise à un régime d'isolement total.Après plusieurs longues grèves de la faim, notamment trois mois en 1987 et 1989, son état de santé ne cesse de se dégrader et elle sera placée sous perfusion.Lorsque sa situation pénitentiaire se normalise en octobre 1999, elle est transférée, avec Nathalie Ménigon, à la maison d'arrêt de Bapaume (Pas-de-Calais). Quatre ans et demi plus tard, Joëlle Aubron avait été opérée d'une tumeur au cerveau au centre hospitalier régional universitaire (CHRU) de Lille avant de recouvrer la liberté en juin 2004.

19:34 Écrit par poscharleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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