24/06/2006

... CHINE ..................

 
Des milliers d'étudiants chinois manifestent violemment dans la province du Henan


Plus de 6 000 étudiants de l'université de Zhengzhou, capitale de la province centrale du Henan, ont violemment manifesté dans leur campus, dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 juin, saccageant bâtiments administratifs, dortoirs, cantine et bibliothèque avant d'aller déverser leur rage dans les rues avoisinantes, où ils ont attaqué une banque, des magasins et des supermarchés. S'il est encore difficile de mesurer le caractère politique de la manifestation, elle est en tout cas l'une des plus violentes depuis les événements de la place Tiananmen, déclenchés en 1989 par des protestations estudiantines.

La raison initiale de la colère de ces étudiants d'un institut semi-privé enseignant l'économie et le management au sein de l'université publique de Zhengzhou est liée à une obscure histoire de diplômes, explique le quotidien hongkongais Ming Piao : à la veille des examens de fin d'année, il a été en effet annoncé aux étudiants que leurs diplômes ne porteraient pas le nom de l'université, mais celui de cet institut, à la réputation moins prestigieuse. " Les autorités de l'université nous ont trompés ", a expliqué un étudiant surnommé " Liu " à l'AFP.

Des milliers de policiers, immédiatement envoyés en renfort, ont bouclé les accès du campus. L'émeute a pris fin tard dans la nuit et, depuis lundi, la situation est calme, en dépit de quelques incidents.

Alors que la presse officielle reste muette sur un sujet hautement sensible dans un pays où la mémoire de Tiananmen reste taboue, certains étudiants ont utilisé des sites internet pour raconter ces événements et montrer des photos de la mise à sac de cet institut. On y voit des bâtiments aux vitres brisés, la devanture fracassée de la Banque commerciale et industrielle de Chine, des téléphones publics endommagés, des voitures aux pare-brise explosés. Le récit d'un étudiant décrit le début de l'émeute durant laquelle, " au son des gongs et des tambours, la foule hurle des slogans contre les responsables universitaires, projetant dans la cour du campus des bouteilles de vin, des extincteurs, des postes de télévision... " Aucun blessé n'a été signalé.

Un autre commentaire en ligne d'un étudiant n'hésite pas à parler d'une " émeute sans précédent, aux dimensions épiques ", l'auteur de ces lignes se félicitant d'avoir " osé participer " à un mouvement contre les " méthodes dictatoriales " des responsables du campus. Les 15 000 étudiants dont les diplômes ne seront pas à la hauteur de leurs attentes seraient en grève depuis le début de la semaine et refusent de passer les examens .

Même si cette émeute ne suppose pas d'arrière-pensées plus politiques contre le système de la République populaire de Chine, le fait que la compétition s'aiguise à la sortie des universités peut en partie expliquer ce soudain déchaînement de colère : en mai, la commission de la réforme et du développement a reconnu que 60 % des nouveaux diplômés ne pourraient pas trouver de travail dans l'année. En 2006, le marché de l'emploi ne pourra pas absorber les plus de 4 millions nouveaux diplômés, en augmentation de 22 % par rapport à 2005...


Bruno Philip

11:12 Écrit par poscharleroi | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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