14/07/2006

....... IVe ...................................

IVE INTERNATIONALE

Réunion du bureau exécutif

 

 


Deux jours de discussions en anglais, français et espagnol, dans le local de la LCR à Paris, une quinzaine de présents venant surtout d’Europe (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Pays-Bas), mais aussi d’Afrique et des Philippines : la réunion du bureau exécutif de la IVe Internationale s’est tenu les 1er et 2 juillet.


Comme son nom l’indique le bureau exécutif n’est pas une instance de décision de la IVe Internationale - contrairement aux congrès mondiaux (le XVe s’est réuni en 2003) et au comité international se réunissant annuellement. C’est un lieu d’échange d’analyses et d’informations, de préparation des discussions en vue d’une élaboration collective, d’exécution des décisions prises par les instances supérieures. Il se réunit quatre à six fois par an.

Les débats, cette fois, concernaient la situation des travailleurs et les organisations de gauche en Russie, mais aussi en Ukraine et en Biélorussie, la construction de Respect en Grande-Bretagne, la gauche italienne face à la politique de « continuité » du gouvernement de centre gauche de Romano Prodi, les discussions au sein du Parti socialiste écossais, la situation politique et les organisations de la IVe Internationale en Bolivie, au Pérou et en Équateur, les questions de formation des militants et, aussi, les débats au sein de la LCR, qui venait de tenir sa conférence nationale, débats présentés par les représentants des deux principaux courants de la Ligue.

Présentons de manière plus détaillée les discussions concernant la Russie. Actif depuis des années dans la formation des syndicalistes en Russie, le camarade D. a introduit la discussion sur le mouvement ouvrier et la gauche. Quinze ans après l’explosion de l’ex-URSS, l’atomisation des travailleurs soviétiques, durant près de 50 ans, laisse encore des traces profondes. Face à l’intensification de l’exploitation, les travailleurs continuent à chercher des solutions individuelles, l’action collective ne faisant généralement pas encore partie des réflexes. Les syndicats traditionnels restent soumis au patronat et s’identifient à lui. Les nouveaux syndicats sont faibles, éparpillés, et ils n’ont pas établi une coopération suffisante entre eux. Mais ce sont ces derniers qui permettent aux travailleurs d’identifier leurs intérêts. Le combat est difficile, d’autant qu’aucune loi ne protège les travailleurs : même le code du travail, aujourd’hui ultralibéral, n’est pas respecté en ce qui concerne le peu de protections qu’il accorde aux travailleurs. Cela reste, comme disait Ante Ciliga en 1936, « une société du mensonge déconcertant ».

Si, au cours des dernières années, il y a eu des explosions de mouvements sociaux contre la pauvreté - en particulier celui des retraités en 2004-2005 -, il existe peu de liens entre les syndicats et ces mouvements sociaux. Le mouvement altermondialiste - qui prépare une initiative contre le sommet du G8 qui doit se tenir prochainement à Saint-Pétersbourg - reste très faible (lire également page 12). Enfin, le Parti communiste, chauvin et stalinien, est soumis au régime, pour autant que ce dernier permette à son appareil de survivre en préservant ses petits privilèges. Il sert de repoussoir contre ceux qui voudraient s’orienter à gauche.

Les petits groupes de la gauche radicale, avec lesquels nous sommes en contact, agissent donc dans cette situation. Leurs activités - publication de revues, formation assurée par les syndicalistes, efforts en vue de développer les forums sociaux - méritent notre soutien. Le débat a porté à la fois sur la possibilité d’établir des échanges plus réguliers avec la gauche radicale en Russie, sur les possibilités de favoriser les liens entre les syndicats d’Europe occidentale, ceux des anciens pays de l’Est qui mènent une activité en défense des travailleurs (en Pologne, le syndicat Août 80, les syndicats slovènes qui ont organisé une mobilisation massive contre tous les partis politiques pour empêcher la hausse de la TVA) et les nouveaux syndicats russes, afin d’aider aux échanges d’expériences et à la formation syndicale. Il a été décidé de soutenir la participation d’une délégation russe à l’université d’été de la LCR et d’envoyer en Russie un militant pour rendre compte de la lutte victorieuse contre le CPE.

Le bureau a également reçu un message de remerciements de Pologne pour avoir aidé à la participation d’un militant étudiant français des JCR à la mobilisation, le 24 juin, en faveur d’une école non confessionnelle et de la gratuité des études à Varsovie. La présentation du mouvement contre le CPE a été très appréciée par les syndicalistes et les étudiants polonais qui préparent une lutte pour la rentrée. « Une telle preuve d’internationalisme concret vaut mieux que des heures des discours », pouvait-on lire dans le courriel reçu au bureau.

Jan Malewski

13:04 Écrit par poscharleroi | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : iv |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.